L’autre jour, j’étais en ville, assise sur un banc en attendant que les portes des grands magasins s’ouvrent. Et comme le temps se faisait long, j’ai commencé à gribouiller sur un coin de carnet. En face de moi ,y’avait cette jeune fille, une rouquine avec des dreadlocks ( c’était la première fois que je voyais des dread rousses, je dois dire que c’est étonnant ).
Alors je commence à griffonner sur le papier un regard vague constellés de tâches de rousseurs, des joues pleines qui racontent encore l’enfance toute proche, de lourdes mèches de cheveux nouées entremêlées à de plus fines qui dansent … le vent se lève.
Sur ma page atterrit une brindille. Je souffle pour la chasser. Mais à mon grand étonnement, la voilà qui se met à germer dans la chevelure de papier de ma rouquine. Puis, comme si la masse de cheveux de graphite avait soudain voulu rivaliser avec un jardin botanique, se mirent à éclore fleurs sauvages et lierres grimpant.
Le vent soufflant de plus belle, amena ensuite sur ma page deux oiseaux bleus. Sans doute durent-ils trouver l’endroit agréable, car sans attendre, ils établirent leur nid au sommet de l’édifice végétalo-capillaire. Et très vite, résonna dans le vent le piaillement aigu de trois petits poussins nouveaux nés.
L’air charria encore tout un tas de graines et de feuilles sans que cela ne perturbe le moins du monde ma jeune fille de papier.
Quant à moi, dans ce vent, les yeux commençaient à me piquer (surtout que j’ai tendance à avoir quelques allergies aux graminées). Par réflexe donc je frottai mes yeux. Quand je les réouvris, le vent s’était calmé.
A la place où aurait du se trouver la jeune fille rousse, il ne restait plus qu’une fine plume bleu tournoyant doucement.
